des mots

magazine absurde - itw.18.11.2016
comment est né ‘absurde’ ? c’est une belle histoire, je travaillais en collaboration avec philippe jeanne (écrivain) et davolo steiner (photographe) sur un livre intitulé ‘cigare’, un très bel ouvrage philosophique qui a nécessité deux années de réalisation. avec philippe, nos esprits se sont (re)trouvés en tous points, lui écrit et je gribouille. si bien qu’à la fin de ce projet, nous avons décidé de mettre au monde un enfant libre et sans règles absurdes. laurent frischt, chroniqueur à la plume acide et ami de longue date nous a rejoint pour faire grandir ‘absurde’. c’est un beau trio où il n’existe aucune hiérarchie et où tout est basé sur l’échange et la réelle liberté d’action.
pour quelle raison est ce que tu publies essentiellement de jeunes talents photographes ? les magazines ne sont pas lucratifs pour les photographes, mais sont un bon support pour les faire connaitre. lorsque je vois autant de jeunes photographes vraiment très talentueux, les publier est un pur bonheur. il y a quelques temps, vogue a édité un mag sur les 100 ans de la photographie de mode, l’idée était charmante jusqu’à ce qu’on y découvre que 90% de cette rétrospective était remplie par newton. je trouve ça honteux de réduire la photographie de mode à un seul photographe, si merveilleux soit-il.  à la petite échelle de ‘absurde’, j’essaie de montrer ce qui est nouveau et frais, ceux qu’on ne voit pas dans les magazines parce qu’ils ne sont pas des ‘fils de quelqu’un’, ceux qui ont tellement de talent qu’il est de ma conviction de les publier dans ‘absurde’ pour qu’ils continuent, c’est important, pour le re-nouveau et surtout pour l’anticonformisme de l’image.
parmi eux, qui sont tes chouchous ? s’ils sont dans absurde, c’est que je les aime. rien ne se fait sans amour ici-bas. après bien sûr, il y a des noms qui m’ont marqué à vie comme paula parrish, nadia wicker, brian ypperciel, jagoda wilczynska, anna danilova, andré schmucki, abigail stern … la liste pourrait être longue, chacun m’ayant apporté une vision des choses qui leur est propre. je ne perds jamais de vue que le but premier d’une image est de générer une émotion. beaucoup d’artistes que j’adore n’ont pas encore été dans ‘absurde’, ce magazine est assez conceptuel pour qu’il nécessite environ une année de selection éditoriale et photographique. je sais, c’est long, mais je crois que le résultat en vaut la peine.
vers quoi désires tu aboutir ? wow, tellement de choses !!! Mais le mot ‘aboutissement’ me dérange, cela signifie que tout s’arrête, qu’il n’y a plus rien à rêver. je préfère penser que je n’aboutirai jamais à rien pour pouvoir continuer de rêver jusqu’à mon dernier souffle … /.
up